Monkey Gland
Un cocktail de gin des années folles mêlant orange fraîche, grenadine et une touche audacieuse d'absinthe.
Ingredients
- 45 ml Gin Dry
- 45 ml Jus d'orange frais
- 1 cuillère à soupe d'absinthe
- 1 cuillère à soupe de sirop de grenadine
Garnish: Optionnel : fine torsade d'orange ou zeste d'orange flambé
Le Monkey Gland est un cocktail audacieux né dans l’effervescence des années 1920. Il marie un gin sec bien structuré, du jus d’orange fraîchement pressé, de la grenadine et une généreuse touche d’absinthe. En résulte un mélange vif et aromatique où la fraîcheur des agrumes rencontre la profondeur herbacée de l’anis.
Derrière son nom provocateur, ce cocktail cache une vraie finesse : le gin offre une base sèche et nette, l’orange apporte volume et fraîcheur, la grenadine enrobe le tout d’une douceur fruitée, tandis que l’absinthe signe la finale avec ses notes anisées caractéristiques. C’est un choix idéal pour les amateurs de gin qui souhaitent découvrir un classique moins connu mais chargé d’histoire.
Reconnu comme cocktail officiel de l’IBA, le Monkey Gland est un véritable morceau de patrimoine de la mixologie, à la fois ludique et sophistiqué.
Instructions
Recette Officielle :
- Refroidir un verre à cocktail en le plaçant au congélateur ou en le remplissant de glace et d’eau.
- Verser dans un shaker 45 ml de gin dry, 45 ml de jus d’orange frais, 1 cuillère à soupe d’absinthe et 1 cuillère à soupe de sirop de grenadine.
- Ajouter généreusement des glaçons dans le shaker jusqu’à le remplir aux trois quarts.
- Secouer énergiquement pendant 10 à 12 secondes, jusqu’à ce que l’extérieur du shaker soit bien froid.
- Vider le contenu du verre à cocktail si vous l’avez rempli de glace pour le refroidir.
- Filtrer le mélange dans le verre à cocktail refroidi, en utilisant un double filtrage (passoire fine) pour une texture plus soyeuse.
- Garnir éventuellement d’une fine torsade d’orange ou d’un petit zeste flambé, puis servir immédiatement.
Note : L’absinthe est très puissante ; dosez-la avec précision pour ne pas écraser les autres saveurs.
Conseils
- Privilégier le jus d’orange frais : Le jus pressé minute est indispensable. Un jus industriel rendrait le cocktail lourd et trop sucré, alors que l’orange fraîche apporte vivacité et légère acidité.
- Choisir un gin sec classique : Un London Dry gin aux notes franches de genièvre et d’agrumes s’accorde parfaitement avec l’orange et la grenadine, sans dominer le mélange.
- Maîtriser l’absinthe : Selon la force aromatique de votre absinthe, n’hésitez pas à légèrement réduire la quantité si vous la trouvez trop envahissante.
- Bien refroidir le verre : Un verre à cocktail très froid est essentiel pour conserver la fraîcheur de la boisson, qui est servie sans glace.
- Utiliser le double filtrage : Filtrer à travers une passoire fine permet d’éliminer les éclats de glace et la pulpe, pour un résultat plus élégant et professionnel.
- Ajuster la douceur : Le degré de sucrosité dépendra de vos oranges. Si elles sont très sucrées, diminuez légèrement la grenadine pour garder un bel équilibre.
- Exploiter les huiles d’agrumes : Avec une torsade d’orange, exprimez les huiles essentielles au-dessus du verre avant de la déposer ou de la retirer, afin d’ajouter une couche aromatique supplémentaire.
Variantes Classiques
- Monkey Gland allégé en absinthe : Utilise seulement une cuillère à café d’absinthe pour un profil plus doux et dominé par l’orange.
- Version verre rincé : On rince le verre à cocktail avec l’absinthe (puis on jette l’excédent) au lieu de la secouer dans le shaker, pour une présence anisée plus subtile.
- Monkey Gland à l’orange sanguine : Remplace le jus d’orange classique par du jus d’orange sanguine, offrant une couleur plus profonde et une note légèrement fruit rouge.
- Monkey Gland sec : Réduit fortement ou supprime la grenadine pour un cocktail plus sec, où le gin et l’absinthe dominent.
- Monkey Gland pétillant : Servi dans une flûte, complété d’un trait de vin effervescent brut pour une version festive.
Profil de Saveur
À l’attaque, le jus d’orange frais et la grenadine apportent une sensation douce et fruitée, portée par la structure sèche du gin. La texture est souple, presque veloutée.
En milieu de bouche, les notes de genièvre, de zeste d’agrumes et de grenade se mêlent, créant un équilibre entre fraîcheur et rondeur.
En finale, l’absinthe se révèle : notes d’anis, d’herbes et une légère amertume aromatique persistent en bouche, tandis que la douceur retombe progressivement, laissant une impression nette et parfumée.
Histoire
Le Monkey Gland voit le jour dans les années 1920, période emblématique de l’âge d’or du cocktail. Il est généralement attribué à Harry MacElhone, célèbre barman propriétaire du Harry’s New York Bar à Paris, un lieu mythique fréquenté par de nombreux expatriés, artistes et écrivains.
Son nom fait référence à une procédure de rajeunissement alors à la mode, aujourd’hui totalement discréditée, qui consistait à greffer des glandes d’animaux sur des humains. Le chirurgien Serge Voronoff en était le principal promoteur. Harry MacElhone, connus pour son sens du marketing et de l’humour, a saisi l’occasion de baptiser ainsi un cocktail marquant les esprits autant par son nom que par son goût.
Avec le temps, le Monkey Gland est devenu un classique discret mais respecté. Il est aujourd’hui répertorié par l’International Bartenders Association (IBA) dans la catégorie des « Unforgettables », ce qui lui assure une place durable dans la culture cocktail et sur les cartes des bars spécialisés du monde entier.
Santé !